BIOGRAPHIE
Saint Calais (Suite du 21/01/2015)
Huit jours plus tard, c'est une de mes soeurs qui m'accompagne et le décor n'est plus le même. Une fois le hall d'accueil passé, nous trouverons une cour en terre battue pour nous rendre aux dortoirs. Arrivé en retard, j'ai n'ai pas le choix et me retrouve dans celui des petits. Il reste un lit dans un coin au fond et les murs.... suintent !.... Je me retrouve seul avec deux types de mon âge qui ont du subir le même sort que moi, un type qui arrive de Madagascar, et un fils de noble ruiné !... Tous les autres sont des mômes, une quarantaine environ .Au milieu de cette pièce se trouve des robinets et évier en métal et bien sur pas d'eau chaude. Je passerai une première nuit et je l'avoue des larmes dans les yeux !... Pire encore,je serai pris d'énurésie.
Le lendemain, je découvre le vrai visage du directeur. Il vient nous réveiller, habillé d'un col roulé rose et de son pantalon en velours et son plaisir est de soulever les draps. Toi , mon pépère, t'es pas très clair !... Il va falloir que je m'accroche !...
Le réfectoire est quelconque, par contre, j'apprendrais très vite qu'ils arnaquent nos parents, car on nous fait manger des choses incroyables. Je me souviens encore de cette bouillie à la farine et à l'eau !... Entre autre....
Après mon premier petit déjeuner, une autre épreuve m'attend, la rencontre avec mes futurs camarades. C'est une boite pour élèves en difficultés mais beaucoup sont des fils à papa, surtout glandeurs, donc dans cette classe, pour préparer le B.E.P.C les âges varient de 15 à 20 ans.
Arrivé en retard, je n'ai pas le choix et me retrouve au fond de la classe et passe mes premières heures à regarder cette salle complètement délabrée.
Tout le monde a été prévenu de mon arrivée et il y a encore un rite qui m'attend pour ma première récré.
quand la cloche sonne, je sors comme tous les autres, et j'ai le plaisir de retrouver un chartrain qui est dans le même cas que moi. Nous nous connaissons vaguement étant dans la même école avant. Eloignés de chez nous, nous sympathisons immédiatement et cela dure encore de nous jours. "Mouche" est mon ami !... Hélas, il n'a pas eu le temps de m'expliquer ce qui allait se passer, et il fallait que je passe un bizutage... Quatre de ces élèves et pas des malingres, commencent par m'attraper par les jambes et les bras, m'emmenèrent sous un poteau carré du préau et entreprirent de me faire tourner autour de cette poutre. Je ne vous dis pas l'état de mes testicules à chaque angle de ce poteau. Il fallait réagir et c'est ce que je fis, prêt à me battre avec chacun de ces gaillards !... evant ma détermination, ils stoppèrent leur jeu débile et je me retrouvais à égalité avec ces meneurs, et plus jamais je ne serais embêté. J'avais fait mon trou !... Et nous retournons en classe. Une fois adapté aux murs en terre battue, il me fallait suivre les cours et encore une fois je n'étais pas au bout de mes peines. La plupart des profs étaient plus que moyens. Le prof de dessin, un curé, m'avait pris en grippe dès le début et pendant un an, je ferais exactement ce que je voulais à savoir dessiner les portraits des grands écrivains. Le prof de français était notre directeur, celle d'anglais était la femme d'un aviateur de la R.A.F abattu pendant la seconde guerre mondiale et c'était là son seul titre (nous y reviendrons) de gloire. Le prof de sciences naturelles était le vétérinaire de la bourgade et tout à l'avenant !....
La suite ne sera qu'une série d'anecdotes qui me reviennent à l'esprit !....
